Amour du vêtement

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La pression des ventes éclipse le processus créatif
Un autre designer Dior était également trop à son goût : Raf Simons a quitté son poste en 2015 parce qu’il n’avait pas beaucoup de temps pour le processus créatif et se sentait exposé à la pression commerciale. Mais il doit aussi dessiner au moins six collections par an, deux pour le prêt-à-porter, deux pour la couture et deux entre les collections ; entre les deux, il se jette à l’eau pour les ouvertures de magasins (Monsieur Dior, en revanche, part à New York avec le Queen Mary au plus).

L’étiquette orne désormais aussi la mode masculine et enfantine, les chaussures et sacs, les lunettes de soleil, les bijoux, les montres, les parfums, le maquillage, les vernis à ongles et les crèmes. C’est devenu un siège de luxe, en chiffres : plus de 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel avec 122 000 collaborateurs dans le monde.

Le 15 décembre 1946, Christian Dior ouvre ses portes à l’avenue Montaigne, à Paris, pour y installer des costumes et des robes faits à la main. Un petit studio, une salle d’exposition, une pièce pour les mannequins, un bureau de gestion, six vestiaires. C’est tout ce qu’il y avait à faire. Jusqu’à peu de temps avant la signature du contrat de location, il avait encore de sérieux doutes quant à son aptitude en tant que couturier. En fait, le nom Dior a explosé en Europe en très peu de temps, comme #chanel sur Instagram aujourd’hui, alors que se déroule la Fashion Week.

1946 est l’année où l’Europe se remet lentement sur pied. Après la longue et cruelle guerre, les gens aspirent à nouveau au gaspillage et à la beauté. Le centre ne peut être que Paris, c’est pourquoi les représentants de la haute société y organisent les divertissements les uns après les autres. Au “Bal des oiseaux” de l’artiste Christian Bérard, les invités doivent venir avec un demi-masque en plumes. L’écrivain Marie-Laure de Noailles invite “À la lune”. Ce qui manque au nouvel espoir, c’est la mode du jour.